La création – Génèse

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La création – Génèse

Un humble conteur peut-il tisser de ses mots l’histoire du monde ? Exercice difficile pour celui qui ne veut pas déformer la trame de l’histoire. Quoi qu’il en soit, soyons hardi et commençons par expliquer le pourquoi et le comment.


Le pourquoi
Toute personne imprégnée de Fentis a déjà son opinion sur le sujet, d’autant influencé par les temples qu’il côtoie. Pour celui dont le voile se lève, il serait complexe de se faire une opinion qui n’est pas déformée par la passion des croyants des différents cultes. Même s’il faut le reconnaître l’essentiel du message est le même en ce qui concerne les dieux de l’âme et du corps. Pour ceux de l’esprit la contradiction est aussi grande que la fougue des croyants.

Le comment
Il est simple car la plus grande base de ce travail sera basé sur les archives de l’androgyne qui est par essence le plus neutre. Des annotations seront quand même portées car même le rôle de l’équilibre est parfois sujet à discussion.

Sans plus attendre le conte de la naissance, la genèse des dieux et de Fentis


L’unité
Fentis n’existait pas encore, les dieux tels que nous les connaissons non plus. Il n’y avait que le néant. Du vide primordial émergea irrémédiablement une pensée. Même les dieux ne peuvent expliquer leur création. D’innombrables théories tentent d’expliquer ce qui créa Fentis, j’ai aussi la mienne qui n’est pas influencé par une croyance particulière, du moins j’en ai la prétention. A mon sens la première étincelle fut le Chaos, c’est peut être présomptueux de ma part de dire cela mais qu’elle autre énergie aurait put surgir du néant ?


La Division
La nouvelle entité se développa en une infinité de sentiments et de convictions si intenses et parfois d’essences si contraires qu’elle fut proche de la folie. A deux doigts de l’irrémédiable, elle se divisa en quatre entités. De ce déchirement naquit, l’ordre, le Chaos, le Bien et le Mal. Malgré cette division douloureuse et salvatrice, les dissensions entre les quatre dieux n’étaient que plus vives. En effet les entités se trouvaient déchirées et attirées entre elles. Déchirées car elles coexistaient avec leur contraire : Bien/Mal, Ordre/Chaos et attirées car elles étaient unifiées jadis en un même esprit..

A nouveau au bord de l’extinction elles se divisèrent pour la dernière fois et quatre nouvelles pensées en émergèrent, deux couples d’âmes sœurs. Cette dernière déchirure ne régla pas pour autant, encore une fois les dissensions.

Ordre et Chaos s’évitèrent, niant l’existence l’un de l’autre. Mal et Bonté, eux, s’affrontèrent sans relâche. Le mal désirait la fin de tout et cette fin devait commencer par ses frères et en priorité par la déité créatrice du bien, son éternel contraire. Les âmes-sœurs, elles, vivaient en harmonie.

La dernière entité, l’androgyne naquit de toutes les énergies dégagées, contraires ou proches. Elle était la dernière déité créatrice, elle se présenta sous le nom de l’Androgyne. Il ressentit leurs désirs et leurs proposa de créer un monde: FENTIS. Ce serait les âmes-sœur sous le nom d’élémentaires qui le forgeraient. Chacun représenterait une énergie distincte qui en fusionnant formerait de la matière, un monde. Ils représenteraient chacun un élément matériel qui serait l’eau, la terre, le feu et l’air. Ainsi furent créés les dieux élémentaires, leurs pouvoirs se retrouveraient dans toute matière, l’essence des dieux créateurs, elle, en toutes créatures pensantes.

Les dieux avaient besoin de se reconnaître en quelque chose. Comment rester soi-même si l’on ne retrouve pas, dans quoi ou qui que ce soit, une partie de ce que l’on est. On s’oublie et peut-être meurt-on?


La Création de Fentis
Pour forger Fentis, les âmes fusionnèrent leurs pensées pour façonner le monde des rêves où les dieux créateurs purent insuffler l’essence de vie aux créatures nouvellement nées. Le dieu corrupteur refusa violemment, il ne voulait pas de monde, Fentis signifiait vivre et ça il ne le voulait pas! Le monde aux cinq lunes fut néanmoins créé, sans son énergie, et fut durant un long moment un monde sans violence, sans mal.

Pour forger le monde physique, les élémentaires fusionnèrent leurs corps et le monde Fentis fut alors une réalité. Ils permirent à un peuple de résider en Fentis et ouvrirent pour eux les portes du monde des rêves. Ce peuple se répandit sur Fentis, ils étaient les Sillielfs. Les élémentaires répandirent également d’autres formes de vie moins évoluées mais néanmoins faisant partie intégrante de Fentis, ainsi se rependirent les bêtes sauvages sur notre monde. Pour peupler et diversifier Fentis ils ouvrirent après des siècles les portes des terres des rêves. Ainsi arrivèrent bien d’autres races et créatures. Désormais les races seraient autonomes pour donner l’étincelle d’incertitude et de chaos, ils seraient libres de penser et de choix, se serait eux qui, par leurs actes, décideraient de l’avenir et de l’évolution de Fentis.

Toutes ces créatures provenaient du monde des rêves, toutes étaient pacifiques car le Mal ne fit pas partie de la création originelle.

Tout ceci ne fit qu’attiser la haine du Corrupteur, lui qui abhorrait sa vie ainsi que celle des autres: comment pouvait-il tolérer tout ceci? Si ces frères créèrent sans lui, il saurait détruire sans eux. Pour arriver à ses fins il décida de participer au développement de ce monde. L’Androgyne ne put, au nom de l’équilibre, qu’accepter. L’équilibre devait être rétabli.


Le véritable équilibre
Malgré tout, Kal Kel Dal ne pouvait s’insinuer en Fentis, ce monde étant exempt de mal. Pour établir son pouvoir il ne lui suffirait que d’un point unique, une once de mal pour ouvrir les portes de sa haine et la voir déferler sur le monde. Pour ce faire il déclencha le premier péché de la création. Usianar, de la mère cité sillielve, fut le premier pion du Corrupteur, il attisa du fil de sa haine le cœur du pur Usianar, il murmura à son esprit haine, convoitise, jalousie, violence et bien d’autres vices. Usianar fut le premier à rompre le souffle de l’un de ces frères qui était le plus admiré de la communauté. De cela il fut jaloux, de la première arme matérialisée par une pensée de haine pur il perça le cœur de son rival

A ce moment le monde fut comme figé, tous surent que Fentis ne serait plus un havre de paix. Ils ressentirent tous la haine et le plaisir de tuer du Maudit. Leur première nuit jadis peuplée de doux rêves, fut balayée par des vagues de cauchemars et de terreur. Ce fut la première fois qu’ils ressentirent de la haine, bien que celle-ci fut dirigée vers celui qui commit l’outrage. Le chaudron de création fut souillé à jamais. Des terres des rêves germa, maléfique, les terres de cauchemars. Il est réducteur désormais de nommer le monde intangible, le monde des rêves. Le Flux est une notion qui est apparue de cela quelques siècles d’un collège de Sages. Le terme me semble juste pour nommer ce monde qui a pris l’énergie magique pour corps.

Je pense que le Corrupteur assura sa prise sur notre monde à l’aide de l’Androgyne. De toute évidence il n’aurait jamais pu installer les germes de son pouvoir sans avoir un point d’accroche sur Fentis.
Mes recherches dans divers grimoires sillielfs dont je ne connaissais même pas l’existence auparavant, ou d’orateurs du Mal me mirent sur la voix. Mon idée est la suivante, Kal Kel Dal ne pouvait agir directement ou indirectement sur Fentis, ce qui déchira pour la première fois le cœur d’un homme, ne put être fait que par l’entremise de l’Androgyne, notre malheur est donc le fruit de la balance, qui dans son désir d’équilibre permit au Corrupteur de s’insinuer dans nos cœurs. Après tout quoi que l’on en pense, l’équilibre fut ainsi sauvegarder et même d’essence si contraire Elqualiefan a retrouvé son sombre reflet.


La première guerre
La guerre, ce n’était désormais plus de douces créatures qui traversaient les portes mais le flot incessant de serviteurs du mal. Ainsi débuta la première guerre, ainsi finit l’ère du rêve…
Beaucoup périrent cette nuit du conflit, que ce soit par les coups de l’ennemi ou l’esprit déchiqueté dans leur sommeil. Le combat perdura durant des décennies. Fentis auraient pu être balayée sous le flot incessant des terres de cauchemars. Grâce à la bravoure et aux sacrifices de nombreux combattants de tous horizons, ils purent enfin refermer les portes des rêves. La trêve pour refermer les portes donnant sur le Flux ne dura pas, il faut si peu de générations pour que l’oubli s’installe. Et oui, le combat n’était pas fini, les guerres se succédèrent et pas seulement du Mal contre le Bien, mais aussi Chaos contre la Loi, Sillielfs contre dragon de purulence, frère contre frère. Cela dura des siècles et le monde tel que nous le connaissons fut façonné durant cette période trouble. Au fil du temps des drames et de la bravoure, les forces s’équilibrèrent, les haines s’apaisèrent, mais elles sommeillent encore et on peut en sentir les prémisses.

Note personnelle : Il est intéressant de simplifier la création des dieux à ces quelques mots , «nous sommes nés de la folie»

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